Musique
Les 7 Paroles du Christ et six Motets de Théodore Dubois PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 26 Novembre 2008 23:47
  • Soprano : Marie-Noëlle Cros 
  • Ténor : Patrick Garayt, Marc Wallet
  • Baryton : Philippe Desandré 

 Berthold Wicke (Orgue) 

 Jugendsinfonie Orchester de Bonn 

 Direction : Bernard Lallement

 

Fils d’un instituteur de la région de Reims, Théodore Dubois est né en 1837 à Rosnay, dans le département de la Marne, et est mort à Paris en 1924.

Il vient de bonne heure au Conservatoire de Musique de Paris où il est l’élève de Marmontel pour le piano et d’Ambroise Thomas pour la fugue et la composition et où il obtient un ler Prix d’orgue en 1859.

Il remporte le ler Prix de Rome en 1861 avec sa cantate "Atala ".

À son retour d’Italie, il est nommé maître de chapelle de la Basilique Sainte-Clotilde, où il succède à César Franck à partir de 1863.

En 1871, il devient professeur d’harmonie, puis de composition, au Conservatoire dont il prend la direction à la suite d’Ambroise Thomas, de 1896 à 1905. En 1894, il est élu à l’Académie des Beaux-Arts, au fauteuil de Gounod. Parallèlement à ses fonctions d’enseignant, il est organiste accompagnateur dans plusieurs grandes églises de Paris (Invalides, Sainte-Clotilde, la Madeleine), mêlé à un prestigieux chassé-croisé avec trois des plus grands maîtres de la musique religieuse française de la seconde moitié du 19ème siècle, à savoir : César Franck, Camille Saint ?Saëns et Gabriel Fauré. C’est en compagnie de Gabriel Fauré qu’il tient les orgues de Saint ?Etienne ?du ?Mont lors des obsèques de Paul Verlaine qui eurent lieu en janvier 1896 en présence d’une très nombreuse assistance (environ trois mille personnes).

Bien qu’il fasse partie des compositeurs français méconnus (sauf peut-être pour ses pièces d’orgue et pour son célèbre Traité d’harmonie de 1921) Théodore Dubois laisse une ceuvre considérable : 2 opéras, 3 opéras comiques, 1 ballet, de la musique symphonique (dont sa Symphonie Française), des pièces de piano et d’orgue, de la musique de chambre, plusieurs volumes de mélodies, 3 oratorios (au nombre desquels Les Sept Paroles du Christ), des messes, un requiem et de nombreux motets avec ou sans accompagnement. On lui doit aussi deux ouvrages théoriques qui firent autorité : Notes et études d’harmonie pour servir de supplément au Traité d’harmonie de Reber, et surtout, le Traité d’harmonie de 1921 déjà mentionné ci-dessus. L’ensemble de cette ceuvre, et tout spécialement l’importante contribution de Théodore Dubois à la musique sacrée, mérite mieux que l’injuste oubli qui l’a enveloppé pendant presque tout le XXème siècle et dont il ne commence à sortir timidement que depuis une ou deux décennies.

Les Sept Paroles du Christ

Les Sept Paroles du Christ, oratorio considéré comme le chef-d’oeuvre de Théodore Dubois, furent écrites pendant le carême de 1867 et crées à Sainte-Clotilde le Vendredi Saint de cette année. Il est d’ailleurs surprenant que l’oratorio composé plusieurs années auparavant par César Franck sur les mêmes Sept paroles (1859) n’ait pas été exécuté, avant celui de Dubois, dans cette même Basilique Sainte-Clotilde à l’époque où Franck en était l’organiste titulaire au grand orgue Cavaillé-Coll qui venait d’y être installé. L’oeuvre de Dubois est dédiée à l’abbé Deguerry, curé de la Madeleine, fusillé par les Fédérés à la prison de la Roquette en même temps que l’archevêque de Paris, Mgr Darboy.

Durant plus de 90 ans, jusqu’en 1965, l’oratorio fut régulièrement donné à l’église de la Madeleine chaque Vendredi Saint. En concert, il avait un succès considérable à Sainte-Clotilde, à la Madeleine, chez Pasdeloup, ainsi qu’aux Etats-Unis et au Canada. Puis on le négligea pendant vingt années jusqu’à ce que Joachim Havard de la Montagne, lointain successeur de Théodore Dubois à la Madeleine à partir de 1967, vint le tirer de l’oubli en donnant notamment les Sept Paroles à deux reprises en mars 1983 et en avril 1984, en même temps que plusieurs autres ceuvres sacrées de Dubois, tel son fort beau motet "Tu es Petrus".

De Théodore Dubois, Charles-Marie Widor a écrit : "Unité, harmonie : ces deux mots reviennent toujours quand on parle de Dubois". Ses Sept paroles sont, quant à elles, "d’une inspiration élevée et d’un effet grandiose et dramatique" (citation de Henry Eymieu dans Etudes et biographies musicales de 1892). Trois des paroles de cet oratorio, la première, la cinquième et la septième paroles ont une facture tout à fait moderne pour son temps, presque théâtrale, rappelant plutôt le style d’un Rossini ou d’un Meyerbeer que celui des oratorios des maîtres classiques. Ces pages tragiques traduisent admirablement la cruauté et la douleur de la mort du Christ.

 

 

Extraits à écouter

Pater, dimitte illis
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Adoramus te Christe (prière finale)  Download Embed Embed this video on your site
Mise à jour le Mercredi, 10 Mars 2010 13:49
 

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